Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:23

       Ce lundi, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale a présenté les évolutions possibles que le baccalauréat pourrait subir dès 2014. Le but principal de cette réforme serait de rendre au diplôme napoléonien son prestige quelque peu perdu. Pourquoi cette perte de prestige ? Le bac est-il toujours utile ?

 

     Luc Chatel l'a certifié, "l'examen du bac est à bout de souffle et nécessite une réforme". Le ministre a décidé de se lancer dans un rajeunissement du bac dès 2014 à condition que les élections présidentielles ne changent pas la donne. Le but étant de combattre les fraudes et surtout de rendre son prestige au diplôme napoléonien, de nombreuses mesures furent évoquées. En effet, Luc Chatel a abordé plusieurs solutions pour restaurer l'image du bac comme diminuer les épreuves facultatives et les options, instaurer des notes éliminatoires dans les disciplines fondamentales, accorder plus de place au contrôle continu...

     Mais comment un tel symbole de la République Française a t-il pu en arriver là ? Ces 30 dernières années, la société étant dans une optique d'égalité des chances pour tous et percevant les études longues comme étant supérieures, une massification scolaire fût indéniablement observée. Autrement dit, les filières courtes ou professionnelles furent, au fil du temps, de plus en plus dénigrées et au contraire les longues études, prestigieuses, furent placées sur un piédestal. Par ailleurs, cette massification scolaire s'est accompagnée d'une diminution progressive du niveau du baccalauréat, l'objectif étant de permettre à la majorité d'obtenir ce diplôme si convoité. Effectivement, selon le ministère de l'éducation nationale, en 1980, plus de 200 000 personnes étaient diplômés du bac contre plus de 500 000 lauréats de nos jours, soit plus du double en trois décennies.

     Toutefois, cette massification, au lieu d'être bénéfique pour la société comme cela était escompté, apparaît aujourd'hui comme un réel problème rendant cette réforme presque inévitable. En effet, le baccalauréat coûte relativement cher (environ 50 millions d'euros) et n'a que peu d'utilité si ce n'est un rôle d'autorisation de poursuite de ses études. Effectivement, François Dubet, sociologue Français, compare le baccalauréat à la tour Eiffel en expliquant que "comme elle, il ne sert à rien mais c'est un symbole dont on ne peut se passer". De plus, cette massification en filières générales et technologiques ne signifie pas que d'autres filières moins théoriques, comme les bac professionnels, n'existent plus. Néanmoins, ces filières professionnelles sont elles aussi victimes de la massification scolaire. "Il est presque impossible pour nous d'intégrer des BTS en formation initiale à moins d'avoir une excellente moyenne" me confiait Axel, élève de Bac professionnel commerce aux alentours de Rennes.

     De surcroît, les étudiants ne sont pas au bout de leurs peines, puisqu'une nouvelle fois en raison de cette massification, on assiste dans le monde professionnel à un phénomène de déclassement. C'est à dire que les diplômés étant trop nombreux par rapport à l'évolution de la structure des emplois, les employeurs vont engager des employés surqualifiés. Autrement dit, si un emploi nécéssite un niveau bac, en raison de la massification, l'employeur engagera sans aucun doute un individu ayant une qualification bac +2.

     Ainsi, en règle générale, ce sont les moins qualifiés qui vont être les plus pénalisés en se retrouvant majoritairement au chômage, ce qui expose clairement les limites d'un système Français où les diplômes priment.

                                                                                                                                  K.G

Partager cet article

Repost 0
Published by Kévin Gaignoux - dans Société
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de larticleduweekend
  • Le blog de larticleduweekend
  • : Le concept de ce blog est de profiter de mon temps libre en publiant un article chaque week-end. Je suis étudiant en première année d'AES et souhaite depuis le collège, devenir journaliste. Bien que ces articles soient amateurs, je considère ce blog comme un entraînement et les rédiger me permet d'acquérir une certaine expérience. J'aborderai certains thèmes qui me passionnent comme l'économie, la politique, le sport... Bonne lecture, et au week-end prochain !
  • Contact

Profil

  • Kévin Gaignoux
  • Je suis étudiant en première année d'administration économique et sociale et me passionne pour l'économie, la politique, le sport... Je souhaite devenir journaliste.
  • Je suis étudiant en première année d'administration économique et sociale et me passionne pour l'économie, la politique, le sport... Je souhaite devenir journaliste.